Traduction libre de l’article
« Sources primaires, Histoire naturelle de la palette de l’artiste »
de Philip Ball
Bien qu’il possède une dimension transcendentale certaine, l’art a toujours été connecté aux réalités matérielles de sa production, une relation incontestable dès lors que l’on se penche sur l’histoire des couleurs pour artistes.
En se concentrant sur le trio primaire du rouge, jaune et bleu, Philip Ball scrute la science et l’histoire rattachées aux pigments, de l’ocre rouge de Lascaux au bleu d’Yves Klein.
Après plusieurs siècles à tenter de définir les couleurs primaires, nous somme aujourd’hui sur le point de les abandonner. la notion même de « primaires » suscite un débat féroce parmi les spécialistes de la couleur. Certains soulignent que le trio enseigné à l’école – rouge, jaune et bleu – n’est applicable seulement qu’aux mélanges de pigments; le mélange lumineux, comme les pixels de nos écrans, utilise d’autres primaires (à peu près rouge, bleu et vert). Pour l’impression, on utilise encore un autre système d’encres : jaune, cyan et magenta. Quant aux couleurs de l’arc-en-ciel, la partie visible du spectre lumineux, il ne propose aucune hiérarchie : aucune raison de favoriser les rayons jaunes à la place des oranges à la longueur d’ondes un peu supérieure.
De surcroît, même si les peintres apprennent comment mélanger les couleurs – bleu et jaune pour obtenir du vert, par exemple – ils s’aperçoivent rapidement que le résultat peut s’avérer désagréablement terne par rapport à un pigment « pur » de la couleur désirée1. Il est ainsi particulièrement épineux d’obtenir un violet profond à base de rouge et de bleu. Par conséquent, les artistes pensent souvent la couleur non comme une propriété intrinsèque et abstraite mais en termes relatifs au matériau qui la fournit : rouge garance, bleu outremer, jaune cadmium. Pour bien comprendre ce que peut représenter la couleur pour un artiste, nous devons en considérer la matérialité.
Autrement dit, ce qui constitue la palette des peintres et les possibilités qu’elle offre a toujours dépendu des matériaux disponibles et de l’ingéniosité déployée pour les obtenir.
Cette ingéniosité n’a jamais manqué, comme en témoigne l’histoire du trio coloré emblématique qui suit.
➔ Rouge : lire l’article
➔ Jaune : lire l’article
➔ Bleu : lire l’article

- Sur ce sujet, voir ma vidéo « Comprendre la perception de la couleur » (note M.V.) ↩︎
Merci à Philip Ball et au site The Public Domain Review pour la diffusion de leurs articles sous licence libre. J’ai traduit cet essai sans aide de l’intelligence artificielle, pour en conserver la complète humanité. Selon la formule consacrée, tout le mérite des idées revient à l’auteur, et je suis responsable pour les erreurs qui ont pu s’y glisser suite à ma traduction « parfaitement imparfaite ». – Marie










Laisser un commentaire